Nom de code : Périclès

juin 30, 2009 at 10:02 (contrôle, sécurité) (, , , , , , , , , , , )

Lorsque l’on a une masse d’informations, pour pouvoir l’exploiter, il faut tout d’abord l’organiser. Pour ce faire, en informatique, il existe deux cas que l’on rencontrer selon le niveau d’ouverture et de compétence de celui qui doit organiser ces informations. Il y a la personne qui utilisera un tableur Excel. Cela peut être intéressant si la masse d’informations à gérer n’est pas énorme et que son organisation ne nécessite pas de compétence particulière (dans la grande majorité des cas, l’auteur du tableur en question dira bêtement (c’est un avis personnel) qu’il s’agit de base de données). L’autre cas, consiste à avoir une masse d’informations qui interagissent entre-elles et dont la nature varie tellement qu’il devient nécessaire d’utiliser un programme spécialisé dans le traitement de base de données plus ou moins complexes : on parle ici de Système de Gestion de Base de Données Relationnelles (SGBDR). Vous en connaissez, ou en avez entendu probablement parlé, il s’agit de MySQL ou Oracle pour les plus connus. Avec un tel système, l’interrogation, la manipulation ou la suppression d’information se fait très rapidement, mais répond également à une logique bien précise, répondant à tous les cas de figures, et permettant d’appliquer en langage informatique les demandes de la vie quotidienne d’une organisation (par ex. construire une base de données dédiée à la gestion des réservations d’un hôtel).

Mais que ce passe-t-il, si l’on a des informations sur un individu dans une base, mais que d’autres informations sur ce même individu sont également disponibles dans d’autres base de données ? La réponse est simple : l‘Interconnexion.

C’est sur ce thème, que le gouvernement travaille depuis au moins 6 ans. Avec LOPSI 2, le super outils de filtrage et de surveillance du web (notre Great FireWall à nous), devrait se voir doter d’un super centre névralgique dédié à l’établissement des profiles des individus à partir d’environ 48 fichiers de données (34 en 2006, ils seront près de 60 en 2010, selon le rapport Bauer). Son nom de code : Péricles.

Ainsi, ce vaste programme, prévoit donc l’interconnexion entre divers sources d’informations (SECU, Permis de conduire, Carte Grise, Abonnement Téléphonique, Antécédent Judicière,…) en vue d’obtenir le plus rapidement possible le maximum de données relatives à un individu, afin de lutter contre les crimes et délits en série. En soi, si on nous dit que c’est pour permettre à la police de repérer et de confondre plus rapidement et plus efficacement les criminels, l’intention est louable. Mais dans les fait, ce genre d’outils ne sert jamais uniquement à faire cela. L’argument sécuritaire est toujours en première ligne, pour une fois ça change….

Il existait déjà des interconnexions entre certaines base données, mais ce qui est intéressant, c’est le caractère hétéroclites de ces sources tout d’abord (lier le dossier médical et une fiche établissant les opinions politique à celui de la gendarmerie par ex.) et surtout le fait que Google et Facebook soit de la partie.

En effet, il sera permis aux forces de l’Etat ou aux magistrat d’obtenir un profile numérique grâce à la récupération des "sources ouvertes". Ces traces que nous laissont, parfois à notre insu, sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les blog etc…En outre, à ceci s’ajoute la surveillance et l’enregistrement systématique dans les bases de données de l’Etat, des communications par email (qu’elles soient d’ordre privée ou non). Une première expérimentation avait déjà eu lieu à ce sujet avec le fameux projet HERISSON (Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées) de l’armé .

Une question se pose alors : dans quel cas, le gendarme pourra utiliser Périclès? L’utilisation de l’outil ne sera possible que pour les affaires dont la peine maximum dépasse les 5 années d’emprisonnement. Je vois d’ici venir le gouvernement décidant de faire preuve de fermeté vis à vis du mal, dans le but d’alourdir les peines encourues afin de permettre une utilisation maximal de Péricles.

Tout ceci est particulièrement préoccuppant. Si le projet Périclès (ou AJDRCDS : Application Judiciaire Dédiée à la Révélation des Crimes et Délits en Série) voit le jour, le gouvernement aura ouvert la boite de Pandore, car n’oublions pas qu’au filtrage et à la surveillance du réseau Internet, viendra s’ajouter, l’ensemble des données personnelles relatives à un individu, ses options, son état de santé, sa confession religieuse etc…. (à ce sujet la HALDE met en garde le gouvernement sur les dérives possible en parlant de la "…proposition tendant à modifier l’article 3 du décret EDVIRSP pour réintroduire la finalité « personnalités » qui était présente dans le fichier EDVIGE…"). Il est d’ailleurs important de noter que le Syndicat de la magistrature a souhaité se retirer du groupe de travail estimant "… ne pas avoir sa place au sein d’un groupe dont le regard critique et la marge de manoeuvre à l’égard du gouvernement apparaissent quasiment nuls." (voir annexe 4 du rapport Bauer).

MIEUX CONTROLER LA MISE EN OEUVRE DES
DISPOSITIFS POUR MIEUX PROTEGER LES LIBERTES

Pour finir, si vous lisez le rapport Bauer disponible ici, vous constaterez, qu’il existe véritablement, non pas un monde mais une dimension parallèle voir plusieurs, entre,le peuple et le gouvernement en place, lorsque vous lirez ces mots d’introduction :

"MIEUX CONTROLER LA MISE EN OEUVRE DES

DISPOSITIFS POUR MIEUX PROTEGER LES LIBERTES

Intéressant quand on parle ici de surveillance systématique et généralisée des individus.

Pour information, voici la liste des principaux fichiers nationaux de police et gendarmerie (source : LeMonde.fr)

AGADIR (Direction générale des finances publiques, contrôle fiscal)

AGDREF (application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France)

AGRIPPA (Application nationale de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d’armes)

ANACRIM (logiciel d’analyse criminelle)

ARAMIS (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes)

BB2000 (Bureautique Brigade 2000)

CIBLE (comparaison et d’identification balistique par localisation des empreintes)

COG-RENS (centres opérationnels et de renseignement de la gendarmerie)

DELPHINE (premier traitement de données biométriques à visée administrative en France)

FAC (automatisé des casinos et salles de jeux)

FAED (empreintes digitales)

FAR (alphabétique des renseignements)

FBS (brigades spécialisées)

FCA (central des automobiles)

FDST (direction de la surveillance du territoire, christina)

FICOBA (Comptes Bancaires et Assimilés)

FICP (national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers)

FIJAIS (judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles)

FIP (centre national d’analyse d’images pédopornographiques)

FIT (informatisé du terrorisme)

FNAEG (empreintes génétiques)

FNCI (national des cartes d’identité)

FNFM (faux monnayage)

FNI (national des immatriculations)

FNPC (national des permis de conduire)

FNPE (personnes nées à l’étranger)

FNT (national trans-frontières)

FOS (objets signalés)

FPIS (personnes interdites de stade)

FPR (personnes recherchées)

FRG (renseignements généraux, EDVIRSP, ex-Edvige)

FS-PORA (suivi des personnes faisant l’objet d’une rétention administrative)

FSCP (Service Centrale des Prélèvements biologiques)

FTIVV (traitement des images des véhicules volés)

FTPJ (travail de la police judiciaire)

FVVS (véhicules volés et signalés)

GERFAUT (Gestion électronique des reconduites à la frontière audiencées en urgence par les tribunaux)

HOPSY (internements psychiatriques)

INSEE (Répertoire national d’identification des personnes physiques)

JUDEX (Système de traitement des infractions constatées de la gendarmerie nationale)

PULS@R (projet Andromede gendarmerie)

RMV 2 (réseau mondial des visas 2)

SALVAC (système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes)

SCPPB (service central de préservation des prélèvements biologiques)

SDRF (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes sans domicile ni résidence fixe)

SIS (système d’information Schengen, France)

STIC (système de traitement des infractions constatées de la police nationale)

RAPACE (Répertoire Automatisé Pour l’Analyse des Contrefaçons de l’Euro)

Permalien Poster un commentaire

Le tout-sécuritaire : des enjeux énormes et le thermomètre du monde

juin 4, 2009 at 6:43 (contrôle, hadopi, sécurité) (, , , , , , , , , , , )

Il n’y a pas qu’en France que nous avons droit à une ensemble de lois et de décrets d’application afin de mettre en place un système de sécurité digne 1984. D’ailleur ce secteur est particulièrement lucratif et en très forte expension. On estime à près d’un trillion de dollard US (1 trillion = 1 milliard de milliard) la valeur de ce secteur qui couvre un évantail très vaste de biens et de services allant du materiel militaire au carte à puce en passant par les caméras de surveillance ou encore les entreprises chargées des statistiques des consommateurs à partir des tickets de caisses des supermarchés par ex.

En effet, certain pays ont dores et déjà mis en place ce genre de mesure, au nom, selon le choix ou l’humeur, de la sécurité de nos enfants (pédophilie), de la sécurité des citoyens du-dit pays (terrorisme, cet énemi invisible, omniprésent).

Ainsi, en Australie, l’HADOPI local et l’équivalent de la LOPSI, sont déjà en production. Une armada de moyen technique très coûteux (l’équivalent de 108 Millions d’euro) ont été mis en place afin d’assurer la sécurité des enfants.

Malgrés les très fortes contestations, tant dans le privé (les FAI) que dans le public (sénateurs), le gouvernement est passé en force (cela ne vous rappel pas quelque chose?) et à fini par mettre en place Big Brother. Et ni le coût, ni le fait qu’à présent les pédophiles australiens sont indetectables sur le net (VNP, et autre liaisons cryptés), n’a découragé le gentil gouvernement qui ne veut que du bien à son peuple. Donc en plus de la surveillance, il y a l’établissement d’une liste noir (ça ne vous rappel toujours rien?) contenant les adresses des sites internet pédophile. Le hic, c’est que le site internet Wikileaks a révélé et mis à disposition sur le web cette fameuse liste, et que l’on se rend compte que les deux tiers des sites en question ne sont pas des sites pédophile. Une belle "marge d’erreur" de 68%…

Le gouvernement a reconnu les faits lors d’une audition au sénat, mais a dans la foulé, a intenté une action en justice contre Wikileaks, dont l’action est de dénoncer ce genre de dérive d’Etat et la corruption, et contre des forums sur lesquels, les internautes s’échangeaient des liens vers la fameuse liste.

Certains diront que c’est chaud en Australie et que c’est loin. C"est vrai. Mais l’Allemagne?…

Il n’y pas que pour le climat que ça commence à devenir chaud dirons-nous

Permalien Poster un commentaire

Des agents et des irresponsables

mai 28, 2009 at 9:36 (contrôle, hadopi, sécurité) (, , , , , , , , , , , , )

agent

D’un point de vue informatique, les agents sont des programmes qui tournent en tache de fond, surveillent ce qui se passe dans un système et agissent selon ce pour quoi il a été créé.
Ces agents se chargent (démarrent) au tout début du démarrage des systèmes d’exploitation (parfois même avant), afin que les actions déclenchées par les autres programmes ou l’utilisateur provoquent les effets voulus.
Par exemple, vous démarrez votre ordinateur, et tandis que vous voyez apparaître le bureau, il y a déjà toute une flopée d’agents surveillant tous vos faits et gestes et qui agissent en conséquence. Leurs fonctions peuvent aller de l’ouverture d’un composant du système nécessaire aux chargements des emails depuis l’Internet, à la surveillance de tout ce que vous tapez au clavier, en passant par la fermeture des accès que vous tenteriez d’emprunter. Cependant, contrairement à d’autres programmes, les agents font partie du système et sont là pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’évènement mettant en péril ce dernier.
À présent que vous savez à peu près ce que sont les agents, nous pouvons parler de LOPSI. Quel rapport y-a-t-il entre les agents et LOPSI? La surveillance du réseau et de ses usagers.
La LOPSI (la Loi d’Orientation pour la Programmation et la Sécurité Intérieure) prévoit l’établissement des moyens techniques afin d’assurer la surveillance du réseau et de ceux qui le composent. Qui compose l’Internet? Les utilisateurs essentiellement. Il y a également les services me direz-vous, cependant les centaines de millions d’internautes utilisent quelques centaines de services web (on peut en avoir une idée en regardant le classement des sites les plus visités).
Donc qui veut surveiller l’Internet, surveille ses usagers. Mais comment mieux surveiller les utilisateurs de l’Internet, si ce n’est en installant des agents sur tous les points d’accès au réseau ?
Donc le gouvernement français, dans sa volonté de vouloir tout contrôler, même l’incontrôlable (a priori), à décidé de mettre en place LOPSI (deuxième version, la première datant de 2002), dont le but avoué est de lutter contre la cybercriminalité (cyberpédophilie, cyberterrorisme…), et qui dans les faits se traduira par l’installation obligatoire et systématique d’un “système de sécurité” grâce à des logiciels labellisés “ HADOPI powered ”.
Ainsi donc, des agents de l’Etat seront infiltrés dans chaque ordinateur (ceux officiellement approuvés), chaque téléphone, chaque télévision, chaque terminal permettant de communiquer avec le monde, afin d’assurer la surveillance et le bon fonctionnement du système. Tout cela afin de satisfaire la soif de pouvoir et d’argent de nous savons qui.
Chaque mot, chaque remarque, chaque prise de décision aura très prochainement beaucoup plus de conséquences que nous ne pouvons l’imaginer. Tout cela semble être de la science-fiction me direz-vous, mais si nous n’y prenons pas garde, tout ceci risque bien de se réaliser.
Dès le 1er juillet de cette année 2009, les premières salves de la riposte graduée vont être lancées. La France se transformera alors en laboratoire pour le monde. Une première à ne surtout pas manquer par les pays voisins.  Le “prototype v0″ prévoit le traitement de 100 cas par jour. Fin juillet, la deuxième phase sera lancée suivi en septembre de la phase 3, permettant alors le traitement automatisé de 1 000 cas par jour.
Est-ce que cela est possible ? Aucune étude de faisabilité n’a été faite à ce jour. Qu’à cela ne tienne, nous connaissons tous des manières élégantes et tout en finesse de notre gouvernement. Même si tout cela semble absurde, ils feront tout pour le mettre en place (et ils ont déjà commencé), car l’on pouvait lire dans “Le virus informatique”, il y a quelques années déjà, qu’il existe des systèmes de collecte des adresses IP de celles et ceux utilisant les réseaux P2P. D’où la réinsertion du chapitre sur la rétroaction de l’application des sanctions, pour les internautes ayant téléchargé illégalement du contenu sur l’Internet avant même l’adoption de la loi. Une première donc!
Ainsi, donc, nous finirons peut-être tous (enfin c’est ce que pensent les majors et le gouvernement) avec des mouchards installés dans nos appareils de communication, avertissant l’HADOPI et ses agents de tous nos faits et gestes. Des agents alertant d’autres agents. Ces derniers se chargeront d’envoyer massivement leurs spams, que cela soit justifié ou non (usurpation d’identité, bug du mouchard le rendant inopérant et vous mettant donc dans l’illégalité…). Et à vous de justifier votre innocence tout en continuant de payer votre connexion à l’Internet.
Ces méthodes témoignent bien de l’ignorance totale des commanditaires de cette loi et de celles et ceux qui l’ont voté. En outre, tout comme pour ces voyous en costard, la Loi Création et Internet dégage de toute responsabilité l’HADOPI. En effet, pour la mise en pratique de ces mesures, le prestataire technique choisi  “reconnaît avoir été informé du caractère stratégique de la mise en oeuvre de l’outil et des graves conséquences qu’auraient pour HADOPI une mauvaise qualité des prestations réalisées par le titulaire telles que notamment le non-respect des délais d’exécution, ou des niveaux de performances, d’existence de failles de sécurité ou une indisponibilité totale voire partielle de l’outil”.
En clair, mes voisins âgés de 75 ans auront la responsabilité de sécuriser leur réseau tandis que l’HADOPI et l’Etat se dégagent, eux, de toute responsabilité, mettant tout sur le dos du prestataire technique qui, lui, a une obligation de résultat. Donc en cas d’erreur de traitement, les pas-nous-pas-nous en costard n’auront rien à craindre. Une attitude digne des personnes qui nous gouvernent et que nous avons placées là où elles se tiennent aujourd’hui.
Dans un souci de traitement en masse et rapide, l’HADOPI préconise le minimum d’intervention humaine. “La Haute Autorité souhaitera limiter au maximum le traitement manuel de saisie afin d’éviter les risques d’erreur et de disposer de plus de temps pour le traitement de tâches à plus forte valeur ajoutée. Automatiser la collecte des informations est donc un enjeu majeur“. Cet aspect “performance” revient particulièrement souvent dans les documents technique et administratif de la mise en place de LOPSI. Performance, Agent, Surveillance, Contrôle…Voilà ce vers quoi l’on veut nous amener. Remplacer l’humain par de plus en plus d’agents, voilà bien quelque chose de dangereux.

D’un point de vue informatique, les agents sont des programmes qui tournent en tache de fond, surveillent ce qui se passe dans un système et agissent selon ce pour quoi il a été créé.

Ces agents se chargent (démarrent) au tout début du démarrage des systèmes d’exploitation (parfois même avant), afin que les actions déclenchées par les autres programmes ou l’utilisateur provoquent les effets voulus.

Par exemple, vous démarrez votre ordinateur, et tandis que vous voyez apparaître le bureau, il y a déjà toute une flopée d’agents surveillant tous vos faits et gestes et qui agissent en conséquence. Leurs fonctions peuvent aller de l’ouverture d’un composant du système nécessaire aux chargements des emails depuis l’Internet, à la surveillance de tout ce que vous tapez au clavier, en passant par la fermeture des accès que vous tenteriez d’emprunter. Cependant, contrairement à d’autres programmes, les agents font partie du système et sont là pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’évènement mettant en péril ce dernier.

À présent que vous savez à peu près ce que sont les agents, nous pouvons parler de LOPSI. Quel rapport y-a-t-il entre les agents et LOPSI? La surveillance du réseau et de ses usagers.

La LOPSI (la Loi d’Orientation pour la Programmation et la Sécurité Intérieure) prévoit l’établissement des moyens techniques afin d’assurer la surveillance du réseau et de ceux qui le composent. Qui compose l’Internet? Les utilisateurs essentiellement. Il y a également les services me direz-vous, cependant les centaines de millions d’internautes utilisent quelques centaines de services web (on peut en avoir une idée en regardant le classement des sites les plus visités).

Donc qui veut surveiller l’Internet, surveille ses usagers. Mais comment mieux surveiller les utilisateurs de l’Internet, si ce n’est en installant des agents sur tous les points d’accès au réseau ?

Donc le gouvernement français, dans sa volonté de vouloir tout contrôler, même l’incontrôlable (a priori), à décidé de mettre en place LOPSI (deuxième version, la première datant de 2002), dont le but avoué est de lutter contre la cybercriminalité (cyberpédophilie, cyberterrorisme…), et qui dans les faits se traduira par l’installation obligatoire et systématique d’un “système de sécurité” grâce à des logiciels labellisés “HADOPI powered”.

Ainsi donc, des agents de l’Etat seront infiltrés dans chaque ordinateur (ceux officiellement approuvés), chaque téléphone, chaque télévision, chaque terminal permettant de communiquer avec le monde, afin d’assurer la surveillance et le bon fonctionnement du système. Tout cela afin de satisfaire la soif de pouvoir et d’argent de nous savons qui.

Chaque mot, chaque remarque, chaque prise de décision aura très prochainement beaucoup plus de conséquences que nous ne pouvons l’imaginer. Tout cela semble être de la science-fiction me direz-vous, mais si nous n’y prenons pas garde, tout ceci risque bien de se réaliser.

Dès le 1er juillet de cette année 2009, les premières salves de la riposte graduée vont être lancées. La France se transformera alors en laboratoire pour le monde. Une première à ne surtout pas manquer par les pays voisins.  Le “prototype v0″ prévoit le traitement de 100 cas par jour. Fin juillet, la deuxième phase sera lancée suivi en septembre de la phase 3, permettant alors le traitement automatisé de 1 000 cas par jour.

Est-ce que cela est possible ? Aucune étude de faisabilité n’a été faite à ce jour. Qu’à cela ne tienne, nous connaissons tous des manières élégantes et tout en finesse de notre gouvernement. Même si tout cela semble absurde, ils feront tout pour le mettre en place (et ils ont déjà commencé), car l’on pouvait lire dans “Le virus informatique”, il y a quelques années déjà, qu’il existe des systèmes de collecte des adresses IP de celles et ceux utilisant les réseaux P2P. D’où la réinsertion du chapitre sur la rétroaction de l’application des sanctions, pour les internautes ayant téléchargé illégalement du contenu sur l’Internet avant même l’adoption de la loi. Une première donc!

Ainsi, donc, nous finirons peut-être tous (enfin c’est ce que pensent les majors et le gouvernement) avec des mouchards installés dans nos appareils de communication, avertissant l’HADOPI et ses agents de tous nos faits et gestes. Des agents alertant d’autres agents. Ces derniers se chargeront d’envoyer massivement leurs spams, que cela soit justifié ou non (usurpation d’identité, bug du mouchard le rendant inopérant et vous mettant donc dans l’illégalité…). Et à vous de justifier votre innocence tout en continuant de payer votre connexion à l’Internet.

Ces méthodes témoignent bien de l’ignorance totale des commanditaires de cette loi et de celles et ceux qui l’ont voté. En outre, tout comme pour ces voyous en costard, la Loi Création et Internet dégage de toute responsabilité l’HADOPI. En effet, pour la mise en pratique de ces mesures, le prestataire technique choisi  “reconnaît avoir été informé du caractère stratégique de la mise en oeuvre de l’outil et des graves conséquences qu’auraient pour HADOPI une mauvaise qualité des prestations réalisées par le titulaire telles que notamment le non-respect des délais d’exécution, ou des niveaux de performances, d’existence de failles de sécurité ou une indisponibilité totale voire partielle de l’outil”.

En clair, mes voisins âgés de 75 ans auront la responsabilité de sécuriser leur réseau tandis que l’HADOPI et l’Etat se dégagent, eux, de toute responsabilité, mettant tout sur le dos du prestataire technique qui, lui, a une obligation de résultat. Donc en cas d’erreur de traitement, les pas-nous-pas-nous en costard n’auront rien à craindre. Une attitude digne des personnes qui nous gouvernent et que nous avons placées là où elles se tiennent aujourd’hui.

Dans un souci de traitement en masse et rapide, l’HADOPI préconise le minimum d’intervention humaine. “La Haute Autorité souhaitera limiter au maximum le traitement manuel de saisie afin d’éviter les risques d’erreur et de disposer de plus de temps pour le traitement de tâches à plus forte valeur ajoutée. Automatiser la collecte des informations est donc un enjeu majeur”. Cet aspect “performance” revient particulièrement souvent dans les documents technique et administratif de la mise en place de LOPSI. Performance, Agent, Surveillance, Contrôle…Voilà ce vers quoi l’on veut nous amener. Remplacer l’humain par de plus en plus d’agents, voilà bien quelque chose de dangereux.

Quel que soit le lieu ou l’époque, l’histoire tend à se répéter car faute de mémoire, nous nous endormons et demeurons aveugles à ce qu’il se passe.

memoire

La France prévaut…

Permalien Un commentaire

Au nom de la Peur et de la Haine : LOPSI

mai 19, 2009 at 6:37 (hadopi) (, , , , , , , , , , , , , )

 

 

La loi "Création et Internet", mise au point et adoptée par des groupes de personnes pour qui le pouvoir et le profit sont une fin en soi, est officialisée. Il est temps de ressortir les vieux dossiers, tout du moins ceux qui, joint à l’HADOPI, permettent un contrôle totale, propre et sans bavure, sur le net en générale, et les l’ensembles des communications audio, vidéo et écrites des masses en particulier.

Donc, voici à nouveau sous les feu de la rampe, LOPSI (loi voté le 29 août 2004).

Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’une série de reforme du code pénal et de la loi en générale, afin de doter le gouvernement et ses forces de l’ordre, de nouveaux pouvoirs leur permettant de constater, juger et sanctionner de manière la plus efficace possible (Action……REACTION).

Présentant la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieur sous cet angle, il y a de quoi avoir peur. Au fond tout ceci peut être louable car en effet, cela permet de lutter plus efficacement contre les crimes commis sur le net (pédophilie, proxénétisme, etc…). Comme toujours les intentions sont louables. Quoi de plus normal pour tout le monde, de se dire qu’un pouvoir est là pour leur garantir des jours à l’abris du crime et de la délinquance.

Accordons sans aucune hésitation notre totale confiance à ces hommes qui nous gouvernent et que nous avons choisi.

Au pire, cédons-leur, une part de notre liberté, de notre vie privé, de nous-même, pour que nous puissions dormir sur nos deux oreilles. De toute façon, il s’agit de l’Etat Français, ça n’est pas une entreprise, l’Etat est là pour nous aider à nous sentir mieux car si nous nous sentons mieux, le pays va mieux. Alors oui, cédons-lui, et qu’il contrôle nos communications, nous n’avons rien à cacher. Qu’il installe ses logiciels de sûrté sur nos ordinateurs (à nos frais bien entendu), il n’a que faire de nos photos de vacances, des enfants, des soirées un peu trop arrosées avec la famille. Qu’il bloque les sites "illégaux", il a  raison après tout, nous ne voudrions pas que nos enfants parcourent des sites haineux ou pornographiques. Que les pervers soient jetés en prisons, ils le méritent bien. Que les criminels croupissent en cellule tout leur vie, tant que nous pouvons vivre sans avoir peur, regarder le top 100 des plus belle gamelles de la TV ou écouter le dernier chanteur ou groupe à la mode et sous label EMI, ULM, SONY Music ou autre Warner (artiste bien évidemment salué par la critique (laquelle???), complet (chante danse et suce parfois) et totalement détonnant (style totalement inédit et à contre courant : Harenne BI).

Donc, ce qui pointe à l’horizon : le contrôle et la surveillance de toute nos communications et donc nos points de vu.

De là à dire que la France verra son paysage numérique aussi surveillé et sanctionné que la Chine, il n’y a qu’un pas. Mais qui a déjà été franchis.

Ci-dessous le lien vers le site site Ecran.fr (source d’informations fiables) relatant la mésaventure de Bourreau-Guggenheim, première d’une très très longue liste de victimes de l’HADOPI et de LOPSI, le départ à déjà commencé.

http://www.ecrans.fr/Denonce-par-Albanel-vire-par-TF1,7137.html

Vive la délation, vive la tranquilité, vive la france.

Permalien Poster un commentaire

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.