Nom de code : Périclès
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Lorsque l’on a une masse d’informations, pour pouvoir l’exploiter, il faut tout d’abord l’organiser. Pour ce faire, en informatique, il existe deux cas que l’on rencontrer selon le niveau d’ouverture et de compétence de celui qui doit organiser ces informations. Il y a la personne qui utilisera un tableur Excel. Cela peut être intéressant si la masse d’informations à gérer n’est pas énorme et que son organisation ne nécessite pas de compétence particulière (dans la grande majorité des cas, l’auteur du tableur en question dira bêtement (c’est un avis personnel) qu’il s’agit de base de données). L’autre cas, consiste à avoir une masse d’informations qui interagissent entre-elles et dont la nature varie tellement qu’il devient nécessaire d’utiliser un programme spécialisé dans le traitement de base de données plus ou moins complexes : on parle ici de Système de Gestion de Base de Données Relationnelles (SGBDR). Vous en connaissez, ou en avez entendu probablement parlé, il s’agit de MySQL ou Oracle pour les plus connus. Avec un tel système, l’interrogation, la manipulation ou la suppression d’information se fait très rapidement, mais répond également à une logique bien précise, répondant à tous les cas de figures, et permettant d’appliquer en langage informatique les demandes de la vie quotidienne d’une organisation (par ex. construire une base de données dédiée à la gestion des réservations d’un hôtel).
Mais que ce passe-t-il, si l’on a des informations sur un individu dans une base, mais que d’autres informations sur ce même individu sont également disponibles dans d’autres base de données ? La réponse est simple : l‘Interconnexion.
C’est sur ce thème, que le gouvernement travaille depuis au moins 6 ans. Avec LOPSI 2, le super outils de filtrage et de surveillance du web (notre Great FireWall à nous), devrait se voir doter d’un super centre névralgique dédié à l’établissement des profiles des individus à partir d’environ 48 fichiers de données (34 en 2006, ils seront près de 60 en 2010, selon le rapport Bauer). Son nom de code : Péricles.
Ainsi, ce vaste programme, prévoit donc l’interconnexion entre divers sources d’informations (SECU, Permis de conduire, Carte Grise, Abonnement Téléphonique, Antécédent Judicière,…) en vue d’obtenir le plus rapidement possible le maximum de données relatives à un individu, afin de lutter contre les crimes et délits en série. En soi, si on nous dit que c’est pour permettre à la police de repérer et de confondre plus rapidement et plus efficacement les criminels, l’intention est louable. Mais dans les fait, ce genre d’outils ne sert jamais uniquement à faire cela. L’argument sécuritaire est toujours en première ligne, pour une fois ça change….
Il existait déjà des interconnexions entre certaines base données, mais ce qui est intéressant, c’est le caractère hétéroclites de ces sources tout d’abord (lier le dossier médical et une fiche établissant les opinions politique à celui de la gendarmerie par ex.) et surtout le fait que Google et Facebook soit de la partie.
En effet, il sera permis aux forces de l’Etat ou aux magistrat d’obtenir un profile numérique grâce à la récupération des "sources ouvertes". Ces traces que nous laissont, parfois à notre insu, sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les blog etc…En outre, à ceci s’ajoute la surveillance et l’enregistrement systématique dans les bases de données de l’Etat, des communications par email (qu’elles soient d’ordre privée ou non). Une première expérimentation avait déjà eu lieu à ce sujet avec le fameux projet HERISSON (Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées) de l’armé .
Une question se pose alors : dans quel cas, le gendarme pourra utiliser Périclès? L’utilisation de l’outil ne sera possible que pour les affaires dont la peine maximum dépasse les 5 années d’emprisonnement. Je vois d’ici venir le gouvernement décidant de faire preuve de fermeté vis à vis du mal, dans le but d’alourdir les peines encourues afin de permettre une utilisation maximal de Péricles.
Tout ceci est particulièrement préoccuppant. Si le projet Périclès (ou AJDRCDS : Application Judiciaire Dédiée à la Révélation des Crimes et Délits en Série) voit le jour, le gouvernement aura ouvert la boite de Pandore, car n’oublions pas qu’au filtrage et à la surveillance du réseau Internet, viendra s’ajouter, l’ensemble des données personnelles relatives à un individu, ses options, son état de santé, sa confession religieuse etc…. (à ce sujet la HALDE met en garde le gouvernement sur les dérives possible en parlant de la "…proposition tendant à modifier l’article 3 du décret EDVIRSP pour réintroduire la finalité « personnalités » qui était présente dans le fichier EDVIGE…"). Il est d’ailleurs important de noter que le Syndicat de la magistrature a souhaité se retirer du groupe de travail estimant "… ne pas avoir sa place au sein d’un groupe dont le regard critique et la marge de manoeuvre à l’égard du gouvernement apparaissent quasiment nuls." (voir annexe 4 du rapport Bauer).
Pour finir, si vous lisez le rapport Bauer disponible ici, vous constaterez, qu’il existe véritablement, non pas un monde mais une dimension parallèle voir plusieurs, entre,le peuple et le gouvernement en place, lorsque vous lirez ces mots d’introduction :
"MIEUX CONTROLER LA MISE EN OEUVRE DES
DISPOSITIFS POUR MIEUX PROTEGER LES LIBERTES
Intéressant quand on parle ici de surveillance systématique et généralisée des individus.
Pour information, voici la liste des principaux fichiers nationaux de police et gendarmerie (source : LeMonde.fr)
AGADIR (Direction générale des finances publiques, contrôle fiscal)
AGDREF (application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France)
AGRIPPA (Application nationale de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d’armes)
ANACRIM (logiciel d’analyse criminelle)
ARAMIS (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes)
BB2000 (Bureautique Brigade 2000)
CIBLE (comparaison et d’identification balistique par localisation des empreintes)
COG-RENS (centres opérationnels et de renseignement de la gendarmerie)
DELPHINE (premier traitement de données biométriques à visée administrative en France)
FAC (automatisé des casinos et salles de jeux)
FAED (empreintes digitales)
FAR (alphabétique des renseignements)
FBS (brigades spécialisées)
FCA (central des automobiles)
FDST (direction de la surveillance du territoire, christina)
FICOBA (Comptes Bancaires et Assimilés)
FICP (national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers)
FIJAIS (judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles)
FIP (centre national d’analyse d’images pédopornographiques)
FIT (informatisé du terrorisme)
FNAEG (empreintes génétiques)
FNCI (national des cartes d’identité)
FNFM (faux monnayage)
FNI (national des immatriculations)
FNPC (national des permis de conduire)
FNPE (personnes nées à l’étranger)
FNT (national trans-frontières)
FOS (objets signalés)
FPIS (personnes interdites de stade)
FPR (personnes recherchées)
FRG (renseignements généraux, EDVIRSP, ex-Edvige)
FS-PORA (suivi des personnes faisant l’objet d’une rétention administrative)
FSCP (Service Centrale des Prélèvements biologiques)
FTIVV (traitement des images des véhicules volés)
FTPJ (travail de la police judiciaire)
FVVS (véhicules volés et signalés)
GERFAUT (Gestion électronique des reconduites à la frontière audiencées en urgence par les tribunaux)
HOPSY (internements psychiatriques)
INSEE (Répertoire national d’identification des personnes physiques)
JUDEX (Système de traitement des infractions constatées de la gendarmerie nationale)
PULS@R (projet Andromede gendarmerie)
RMV 2 (réseau mondial des visas 2)
SALVAC (système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes)
SCPPB (service central de préservation des prélèvements biologiques)
SDRF (suivi des titres de circulation délivrés aux personnes sans domicile ni résidence fixe)
SIS (système d’information Schengen, France)
STIC (système de traitement des infractions constatées de la police nationale)
RAPACE (Répertoire Automatisé Pour l’Analyse des Contrefaçons de l’Euro)






